Filles Lamer

Prendre le large en toute confiance
Lorsque la famille s’est embarquée pour la première fois sur une croisière dans le Sud, Camille et Laurence avaient quatre et cinq ans. La famille a eu la piqûre, si bien qu’elle a répété l’aventure plus d’une dizaine de fois jusqu’à maintenant, visitant les îles des Caraïbes, plusieurs pays d’Amérique centrale et quelques-uns d’Amérique du Sud.

Il y a quelques mois, le clan a pris part à sa douzième croisière, le menant de Miami vers Porto Rico, Saint-Thomas et Tortola. Ce périple était le premier entamé depuis que Camille, 18 ans, et Laurence, 17 ans, ont été diagnostiquées cœliaques il y a un peu plus d’un an. « Quand on a eu cette nouvelle, on a eu peur de ne plus pouvoir voyager comme avant, confie Bernard Lamer. Comme ma plus jeune est aussi allergique aux fruits de mer depuis longtemps, nous savions que les croisiéristes prenaient beaucoup de précautions de ce côté. Mais comme la gestion du gluten dans une cuisine est plus compliquée, nous doutions de pouvoir partir l’esprit tranquille. »

Tout le monde à bord!

Dès qu’ils ont contacté leur agence de voyages, les membres de la famille ont pu être rassurés. « Notre agente a vérifié auprès de la compagnie de croisière Norwegian Cruise Line et nous a garanti que les filles pourraient avoir des repas sans gluten et nous a indiqué quoi faire pour s’en assurer. »

En mettant les pieds sur le bateau, la première chose que la famille a donc faite est de se diriger vers le comptoir de service aux voyageurs et de demander à rencontrer le maître d’hôtel pour lui exposer la situation. « On nous a expliqué qu’ils avaient l’habitude de servir des passagers cœliaques, et même qu’une partie de la cuisine était dédiée exclusivement au sans gluten. »

Devant renoncer à la formule buffet en raison des risques de contamination croisée élevés, Camille et Florence craignaient de passer trop de temps dans les restaurants à la carte du navire, où le service aux tables exige plus de temps. Les deux sœurs ont toutefois vite réalisé qu’elles ne seraient pas pénalisées : « Chaque jour, le personnel prenait les commandes de mes filles pour leurs déjeuner, dîner et souper du lendemain, explique leur père. Ainsi, au moment des repas, elles n’avaient qu’à se présenter à n’importe quel restaurant du navire pour obtenir, environ 10 minutes plus tard, leur commande sur un plateau recouvert. Elles pouvaient ainsi aller manger où elles le souhaitaient, soit venir nous rejoindre au buffet ou aller sur le bord de la piscine. »

Mijanou Lanctôt, directrice de l’agence de voyages Nicole et Cie, appartenant au réseau Transat et située à Vaudreuil-Dorion, confirme que prendre part à une croisière est l’une des façons les plus sécuritaires de voyager pour quiconque a des restrictions alimentaires. « Toutes les compagnies, des plus hautes gammes aux moins luxueuses, sont depuis longtemps très attentives aux réalités liées aux allergies et aux intolérances alimentaires. Le voyageur coeliaque doit tout de même rester vigilant et poser les bonnes questions. Je conseille par exemple de toujours avoir la liste des ingrédients problématiques écrite en anglais. »

La diversité au menu

Pour le souper, la famille de Bernard Lamer se retrouvait dans les restaurants à la carte. « Mes filles pouvaient choisir n’importe quel plat figurant au menu pour que l’équipe en cuisine l’adapte en utilisant des ingrédients sans gluten. Un soir, à l’occasion de l’anniversaire de ma conjointe, j’ai même tenté ma chance avec une demande à laquelle je ne pensais pas qu’ils allaient répondre, soit de confectionner un gâteau sans gluten. Celui qu’ils nous ont servi était non seulement délicieux, mais également superbe, et tout le monde a pu en profiter ! »

Il ne faut pas avoir peur de faire de telles requêtes, assure Mijanou Lanctôt, car on retrouve généralement plusieurs ingrédients sans gluten dans les cuisines d’un bateau. J’ai également déjà vu des gens apporter sur le bateau leurs propres pâtes et farines avec lesquelles le chef acceptait de cuisiner. Et puisque toutes les cabines sont dotées de petits réfrigérateurs, les voyageurs peuvent apporter leur propre nourriture et la garder dans leur chambre.
Pendant les sept jours qu’a duré le circuit, les filles de Bernard Lamer ne se sont pas senties brimées une seule fois. « Il a fallu s’organiser un peu plus lors des escales, quand on débarquait pour découvrir un pays. On déjeunait à bord avant les visites et revenions dîner vers 14 h. Il fallait donc prévoir des collations pour pouvoir rester sur la terre ferme plus longtemps. »

Sur la vingtaine de repas pris sur le navire, aucun n’a causé de soucis aux deux jeunes femmes. « Alors que ma plus vieille est complètement asymptomatique, c’est tout le contraire pour ma plus jeune qui réagit très vite et très fortement au gluten, explique M. Lamer. Elle n’a pas été malade du voyage, donc on sait que nos requêtes ont été prises très au sérieux. L’inquiétude qui était présente au départ s’est très rapidement dissipée et le plaisir a été au rendez-vous pour toute la famille. »

Par Clémence Risler
Article paru dans le magazine Coeliaque Québec - Printemps-Été 2020

NDLR
Au moment de mettre sous presse, le gouvernement du Canada recommandait d’éviter les voyages et notamment les croisières à cause du coronavirus ( COVID-19 ). Cette suggestion de voyage sera à reconsidérer lorsque la situation sanitaire sera rétablie.


 
 
Les avantages d'être membre
Je fais un don
J'adhère
Je renouvelle
Boutique
Voir les alertes
Section pour les médecins
Inscrivez-vous à l'infolettre
Difficultés avec le site