Vol 37 N°1 - Printemps-Été 2020

Des valeurs au coeur de Coeliaque Québec
Après avoir reçu mon diagnostic de maladie cœliaque, j’ai fait comme plusieurs : j’ai cherché à qui m’adresser sur Internet. Parmi les sites trouvés, il y avait bien sûr des groupes de discussion, mais ce n’était pas ce que je cherchais. Sachant que je devais exclure le gluten de mon alimentation pour améliorer ma santé, je voulais trouver des réponses fiables à mes nombreuses questions.

Dès mon premier appel à Cœliaque Québec, j’ai su que j’étais à la bonne place : la personne au bout du fil a vérifié qu’il ne s’agissait pas d'un autodiagnostic avant de répondre à mes questions. Elle s’est assurée que le protocole médical avait été bien suivi ( dépistage avec tests sanguins, puis gastroscopie confirmée par biopsies ). « Pourquoi ? » me demandez-vous.

La crédibilité, une force essentielle

Parce que Cœliaque Québec suit les recommandations du Collège des médecins du Québec et de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec et qu’il ne recommande pas l’alimentation sans gluten sans diagnostic. Je vous l’avoue, ça m’a rassuré. Je me suis dit : voici un organisme qui fournit de l’information crédible. Une fois membre, j’ai parcouru le site Internet, lu plusieurs articles du magazine et réalisé que plusieurs experts de la condition accompagnaient l’équipe dans la transmission de l’information.

Quelques mois plus tard, j’ai rencontré la directrice générale Edith Lalanne et c’est elle qui m’a ( facilement ) convaincu de présider le conseil d’administration (CA). Je ne vous mentirai pas, le cœur était déjà fortement avec l’organisme tant j’étais reconnaissant. Ce qui m’a fait franchir le pas, c’est la motivation existante des membres du CA de faire évoluer les dossiers importants pour les personnes cœliaques. Plusieurs mois après mon entrée en poste et après mûre réflexion, nous avons entrepris une planification stratégique, qui s’est terminée en novembre 2018.encart mot du président

Lorsqu'est venu le temps, au cours de l’exercice de réflexion, de revoir les valeurs de l’organisme, il m’a semblé tout à fait naturel de mettre à l’avant-plan la crédibilité qui règne au cœur de Cœliaque Québec. Pensons-y : il est très important que les informations transmises soient crédibles et vérifiables. Il en va du bien-être de notre santé : ne nous fions pas à n’importe qui ! L’article "L'importance de départir le vrai du faux" aborde d’ailleurs ce sujet.

La générosité de cœur

Une autre valeur qui m’a touché lors de mes fréquents appels à Cœliaque Québec est la générosité de l’équipe et de ses experts collaborateurs. Depuis mon arrivée au CA, j’ai pu maintes fois constater combien ils étaient généreux de leur temps et de leur savoir lorsque venait le temps de répondre aux questions soulevées par les membres. Grâce à leur participation, Cœliaque Québec peut maintenant offrir des formations tant aux personnes cœliaques qu’aux professionnels de la santé qui les accompagnent dans leur parcours médical. Grâce à leur engagement soutenu, l’organisme enrichit continuellement ses connaissances sur la maladie et se garde à jour quant à l’évolution des recherches sur cette condition.

Je vous invite donc à célébrer le Mois de sensibilisation à la maladie cœliaque, en mai, avec ces valeurs en tête, soit la crédibilité et la générosité.

Je nous souhaite maintenant que le gouvernement soit sensible à notre cause et se montre généreux à l’endroit des cœliaques et accepte de faciliter notre vie tout au long de l’année en acceptant de compenser le remboursement des produits sans gluten par une allocation mensuelle.

Marc Lapointe
Président

Article paru dans le magazine Info Coeliaque - Printemps Été 2020
Notre nouveau combat: le supplément pour tous
En toute franchise, je dois vous avouer que je suis heureuse d’avoir droit au Supplément pour enfant handicapé de la Régie des rentes du Québec pour mon fils qui a été diagnostiqué coeliaque à l’âge de neuf ans. À sa majorité, nous aurons reçu une somme totale d’environ 20 000 $ sur neuf années pour absorber les coûts substantiels nécessaires à son traitement, soit l’alimentation sans gluten stricte. En 2018, alors qu’il avait 15 ans, j’ai simulé l’exercice de crédit d’impôt afin d’avoir un aperçu de cette réalité à laquelle les adultes cœliaques sont confrontés. J’ai donc cumulé les reçus d’épicerie, rempli le tableau Excel SG-Impôt* et cherché le prix régulier des produits équivalents avec gluten.

Au bout de quelques mois, j’avais une boîte de chaussure pleine de reçus d’épicerie, un tableau Excel incomplet et un fort sentiment de découragement. J’ai réalisé que cette démarche était extrêmement complexe et fastidieuse. Et surtout, qu’elle était injuste pour les personnes qui n’avaient pas la capacité de remplir cette tâche, sans compter celles et ceux qui ne paient pas d’impôt, c’est-à-dire les plus vulnérables de notre société.

Mon fils aura 18 ans en 2021. Le plus beau cadeau que je pourrais lui offrir serait de lui permettre de voler de ses propres ailes sans avoir à se soucier des frais supplémentaires imposés par le traitement de sa maladie incurable. Si lui et sa communauté cœliaque pouvaient bénéficier d’un montant de 2 376 $ par année, je n’aurai pas trouvé le remède à leur condition, mais j’aurai au moins réussi à mettre un baume sur les diverses frustrations qu’elle engendre. C’est donc avec ferveur que mon équipe et moi militons auprès du gouvernement en faveur de l’obtention d’une compensation financière pour tous les adultes sans égard au sexe, à l’âge ou au statut social.

Quand on sait que 40 % de la population souffre d’une maladie chronique comme la maladie coeliaque et que 30 % des dépenses du système de santé leur sont attribuables, on croit fermement que le gouvernement gagnerait à investir dans le traitement de la maladie pour aider les cœliaques à le suivre assidûment, et ce, sans compromis. C’est une solution gagnante pour toutes les parties !

L’allocation mensuelle représente donc un enjeu que Cœliaque Québec souhaite défendre avec aplomb. Le Mois de la sensibilisation à la maladie coeliaque, en mai, sera tout indiqué pour faire briller le projet afin qu’il trouve écho auprès du gouvernement. Vous aimeriez nous aider ? La meilleure façon de le faire en ce moment est de rester membre. Plus le nombre de membres sera élevé, plus l’impact sera important auprès du gouvernement. Si d’autres démarches sont nécessaires, nous vous en informerons sur les réseaux sociaux.

Sachant que 4 millions de Canadiens n’ont pas assez d’argent pour s’alimenter et que la prévalence de la maladie a quadruplé au cours des 40 dernières années, il est grand temps d’agir !

Edith Lalanne
Directrice générale

* Le tableau Excel SG-Impôt est un outil développé par une bénévole de Coeliaque Québec. Il est disponible dans la section membre du site Internet.

Article paru dans le magazine Coeliaque Québec - Pritemps-Été 2020
Denis Trudel, l'art de s'adapter

Denis TrudelSi son visage est si familier, c’est que Denis Trudel fait partie de notre paysage télévisuel depuis plus de 20 ans. En octobre dernier, le comédien embrassait aussi la vie politique en devenant député du Bloc Québécois pour la circonscription Longueuil – Saint-Hubert. Il nous parle aujourd’hui de son parcours avec la maladie cœliaque.

« C’est totalement par hasard que j’ai appris que j’avais la maladie cœliaque », affirme d’emblée l’acteur qui a tenu des rôles dans Victor Lessard, District 31, La Galère et 19-2 pour ne nommer que quelques-uns des projets auxquels il a pris part. « Jusqu’à 40 ans, comme bien des gens, tout allait bien et je ne me préoccupais pas vraiment de ma santé. » Le vent a tourné à l’arrivée de son premier enfant, au début des années 2000. « Devenir père a remis beaucoup de choses en perspective et m’a tout à coup fait prendre conscience de l’importance d’être là encore longtemps, confie-t-il. Quand on est jeune, on se croit éternel et je n’avais jamais senti le besoin d’aller voir le médecin. »

Une prise de sang révèle alors un taux de fer anormalement bas que le médecin n’arrive pas à expliquer. De fil en aiguille, et après différents tests, Denis Trudel aboutit dans le bureau d’un gastroentérologue qui lui fait passer une gastroscopie. « L’examen venait juste de commencer quand le docteur a immédiatement mis le doigt sur la cause de mon anémie et s’est même exclamé " ah, mon dieu, vous avez la maladie cœliaque ! ". Je n’avais aucune idée de ce que cela voulait dire, et si c’était grave ou pas. Je n’avais jamais entendu ce mot-là de toute ma vie ! »

Quand les tests ont bel et bien confirmé la présence de la maladie cœliaque, un autre terme inconnu allait être prononcé : « gluten ». Le médecin m’a expliqué ce qu’impliquait cette maladie et que la seule chose à faire était d’exclure le gluten de mon alimentation. « Ça a d’abord été un choc d’apprendre que j’avais une maladie qui ne se guérissait pas et pour laquelle il n’existait pas de traitement pharmacologique, mais aussi de réaliser que je devais m’embarquer dans une démarche que je percevais alors comme très complexe. »

Traquer le gluten

Là où ça se complique pour Denis Trudel...Comme la plupart des personnes nouvellement diagnostiquées, M. Trudel n’avait aucune idée à quel point le gluten pouvait se cacher partout. « Ça a nécessité beaucoup d’apprentissage et d’adaptation, se remémore-t-il, mais avec le recul et l’expérience que j’ai aujourd’hui, j’ai de la difficulté à concevoir comment ça a pu être aussi laborieux. L’alimentation sans gluten est tellement rendue facile et intégrée à ma vie que ce n’est plus une préoccupation. Mais il faut quand même dire qu’à l’époque, les produits sans gluten étaient plus rares et plus ardus à trouver. Je suis chanceux, car tout près de chez moi, il y a une épicerie d’aliments naturels qui a une grande section de produits SANS GLUTEN. Je peux donc me procurer tout ce dont j’ai besoin. »

L’un des aspects qui a sans doute facilité sa transition vers une diète exempte de gluten est que sa famille s’est aussi, dans une certaine mesure, ajustée à ses contraintes. « Avec l’horaire chargé d’une famille avec de jeunes enfants, on s’est vite aperçu qu’on ne pouvait pas toujours préparer deux repas distincts, explique le père dont les enfants sont aujourd’hui âgés de 11 et 16 ans. Alors certaines de nos recettes sont sans gluten, comme les pâtes et les gâteaux. »

Denis Trudel reconnaît aussi un autre aspect qui peut compliquer la vie des cœliaques dans le tourbillon du quotidien : se soumettre aux démarches exigées pour pouvoir bénéficier du crédit d’impôt. « J’essaie de garder toutes mes factures qui concernent l’achat de produits sans gluten, mais je suis bien conscient que je dois en oublier quelques-unes, soutient-il. Je les remets ensuite à mon comptable qui s’occupe de faire les calculs entre le montant de mes achats et celui que ça m’aurait coûté pour des produits réguliers. Si je n’avais pas de comptable pour se charger de cette tâche, ça représenterait certainement quelques heures pour la faire moi-même. Je comprends très bien que certaines personnes choisissent de laisser faire et de ne pas aller au bout de la démarche. »

Conciliation travail-alimentation

Là où ça se complique pour Denis Trudel, c’est sur les plateaux de tournage des émissions auxquelles il prend part. « Même si mon agence avise les équipes de production que je ne dois pas consommer de gluten, souvent ils n’y pensent pas. Je me retrouve donc à ne pas pouvoir manger le repas qui est servi à tous. Je dois toujours avoir un plan B », soutient celui qui souligne par ailleurs que le problème ne se pose pas lorsqu’il siège à Ottawa comme député : « Là-bas, ils connaissent très bien les enjeux liés au gluten et je sais que je peux faire entièrement confiance aux repas qui me sont offerts. Je dois toutefois prendre la route chaque semaine et, durant les trajets, il y a peu d’options sans gluten, car aux abords des grandes routes, il y a surtout des fast-foods », observe-t-il avant de conclure que beaucoup de choses ont changé pour les cœliaques depuis que lui-même l’est devenu il y a 15 ans, mais qu’il reste encore un bon bout de chemin à faire sur le plan de la sensibilisation à la maladie.

Par Clémence Risler

Article paru dans le magazine Coeliaque Québec - Printemps-Été 2020

Un mois sous le signe de la revendication

Mai est le Mois de la sensibilisation à la maladie cœliaque. Cœliaque Québec en profite pour poser plusieurs gestes, dont la poursuite des démarches pour faciliter la vie des personnes cœliaques quant à leur réclamation de frais médicaux. Des actions ont débuté en 2019 et se poursuivront jusqu’à ce que ce changement se mette en place ! Pour en savoir plus, lisez le Mot d’Edith et l’article Allocation mensuelle fixe (page 14).

Logo Coup de CoeurDévoilement des Coup de cœur

Pendant tout le mois, encouragez les entreprises du programme Coup de coeur de Cœliaque Québec dans votre épicerie préférée. Découvrez notre sélection à la page suivante, en plus de recettes pour les déguster.

En achetant un Coup de cœur Coeliaque Québec, vous encouragez des entreprises qui travaillent tous les jours à développer des produits variés que vous pouvez consommer de façon sécuritaire. Ces entreprises participent en partie au financement de Coeliaque Québec qui développe des outils et de la formation permettant de mieux gérer les enjeux reliés à la maladie coeliaque, pour les personnes atteintes, leurs proches ainsi que pour les professionnels de la santé qui les accompagnent.

Une activité de financement originale !  **

Le 3 mai 2020, Cœliaque Québec sera au Grand Chelem, premier centre de balle de Montréal à proposer trois cages de frappeur baseball/softball. Les familles et les amateurs sont les bienvenus pour une pratique avant le début de la saison estivale. Venez nombreux avec parents et amis pour une superbe journée de balle !

Ouvert à tous ! Aucune réservation requise :  premier arrivé, premier au bâton ! Suivez-nous sur Facebook et lisez les futures infolettres pour connaître tous les détails.
Tous les profits de la journée seront remis à Cœliaque Québec.

Un grand merci à Grand Chelem !

Illumination le 16 mai 2020

Le complexe Jules-Dallaire situé à Sainte-Foy s’illuminera de vert pour cette Journée mondiale de la maladie coeliaque, tout comme le Stade olympique à Montréal.
N’hésitez pas à vous prendre en photo devant ces infrastructures et à nous mentionner : @coeliaque.quebec sur Facebook et Instagram !



** Dû aux circonstances entourant la COVID-19, tous les événements en personne prévus dans cette période sont reportés.
Encouragez les entreprises du programme Coup de coeur de Cœliaque Québec dans votre épicerie préférée.

En achetant un Coup de cœur Coeliaque Québec, vous encouragez des entreprises qui travaillent tous les jours à développer des produits variés que vous pouvez consommer de façon sécuritaire. Ces entreprises participent en partie au financement de Coeliaque Québec qui développe des outils et de la formation permettant de mieux gérer les enjeux reliés à la maladie coeliaque, pour les personnes atteintes, leurs proches ainsi que pour les professionnels de la santé qui les accompagnent. Cliquez sur le logo de votre Coup de cœur préféré pour accéder à ce site.

Logo CC + Délicieuses recettes
Recette Flamingo Recette L'Angélique Recette Casa Mexicana
Salade ou sandwich roulé au poulet

Sur un plat de service, déposer en tranches, des légumes de couleurs variés : tomates, concombres, piments, avocats et des feuilles de salade. Ajouter des edamames aux légumes.

Dans des bols de présentations, placer du fromage râpé et du riz cuit. Servir avec des condiments comme de la mayonnaise épicée.

Déposer dans une assiette de service le produit SANS GLUTEN Flamingo préféré de la famille et hop, le tour est joué.

Une belle table invitante où chacun se concocte sa salade ou son sandwich roulé !
Divin au chocolat

Une seule bouchée de ce gâteau onctueux et vous ne pourrez plus vous en passer ! Cette préparation réunit tous les ingrédients de qualité d’une recette de gâteau maison.

Rien de plus, rien de moins. Tout est déjà calculé et mélangé ! La recette est très simple, il suffit de suivre les instructions.

Un vrai bon gâteau maison, cuisiné rapido presto !

Que ce soit pour la célébration d’un anniversaire ou pour un soir de semaine, l’acheter, c’est l’adopter !
Quesadillas au poulet

Sur une plaque à pizza, déposer une tortilla badigeonnée d’un pesto à base de basilic ou de coriandre.

Y déposer des morceaux de poulet cuit, des tomates séchées et un fromage de votre choix.

Couvrir d’un autre tortilla et enfourner le tout pendant 10 minutes à 230° C (450° F). Couper en triangle et servir accompagné d’une salade du jardin et d’une vinaigrette à base de vinaigre de vin et de sirop d’érable.

Un vrai goût de vacances !

 

 
Allocation mensuelle fixe Une solution gagnante pour tous.

Toute personne coeliaque qui réside au Canada a droit à un crédit d’impôt. Pour en bénéficier, elle doit conserver ses factures, faire un calcul différentiel entre le coût des produits sans gluten et celui des produits réguliers et réclamer cette différence en frais médicaux par l’entremise du crédit d’impôt. Au Québec, les mineurs cœliaques ont aussi droit à une allocation mensuelle de 198 $ grâce au supplément pour enfant handicapé. Or, il serait tellement plus simple pour tous les cœliaques de recevoir une compensation mensuelle, comme c’est le cas pour les enfants.

Complexité quand tu nous tiens

L’alimentation sans gluten stricte est le seul traitement de la maladie cœliaque. Malheureusement, lorsqu’on sort de chez le médecin avec le diagnostic et la prescription en main, il ne suffit pas d’aller à la pharmacie chercher un médicament qui sera généralement remboursé en partie par une compagnie d’assurance privée ou par la Régie de l’assurance maladie du Québec. La procédure actuelle est d’une telle complexité qu’elle n’est accessible qu’aux plus érudits en matière de fiscalité.

Traitement accessible à tous les cœliaques

Les parents d’enfants cœliaques reçoivent annuellement 2 376 $. Cet acquis est précieux pour cette communauté. Une fois adulte, la personne a droit à un crédit maximal de 36 % pour des frais médicaux sous certaines conditions. Malheureusement, cette méthode de dédommagement est complètement inaccessible aux personnes vulnérables n’ayant pas les revenus suffisants pour payer de l’impôt. On n’a qu’à penser aux étudiants, aux personnes bénéficiant de l’aide sociale ou aux personnes âgées, par exemple.

Conséquences de la situation actuelle

Le programme actuellement offert par le gouvernement engendre donc plusieurs inconvénients pour la société québécoise. Premièrement, plusieurs adultes cœliaques ont du mal à suivre leur traitement, l’alimentation sans gluten stricte, faute de moyens financiers. D’autres sont tout simplement dans l’incapacité de se conformer aux critères complexes pour obtenir le crédit d’impôt et doivent payer de leur poche le traitement de leur condition. Rappelons-le: le non-traitement de la maladie peut engendrer des conséquences graves comme une incapacité à vaquer à ses occupations quotidiennes qui engendrent des absences au travail, des visites régulières à l’hôpital, la dénutrition, la dépression, etc.

Conséquemment, Coeliaque Québec demande au gouvernement une allocation mensuelle pour tous les adultes cœliaques afin de leur permettre d’avoir les moyens de traiter efficacement leur maladie, peu importe l’âge, le revenu ou le statut social et, par le fait même, épargner des coûts au système de santé. Une solution qui serait gagnante pour tous.

Résumé des démarches de Coeliaque Québec jusqu’à maintenant :
  • Été 2018 : première rencontre avec Patrick Parent, conseiller du ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, pour discuter de cette problématique.
  • Automne 2018 : changement de gouvernement.
  • Été 2019 : préparation pour une rencontre avec Christophe Navel, conseiller de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann.
  • Août 2019 : rencontre avec M. Navel et présentation de l’enjeu de l’accessibilité universelle à un traitement adéquat pour toutes les personnes cœliaques.
  • Automne 2019 : rédaction d’une fiche synthèse et d’un document explicatif sur le dossier de l’allègement fiscal et envoi à M. Navel. Discussion avec le Conseil du trésor et référence au ministère des Finances.
  • Hiver 2020 : élaboration d’une stratégie pour faire une sortie publique sur le dossier de l’allègement fiscal et interpeller le gouvernement afin qu’il prête une oreille attentive à nos demandes.
  • Printemps 2020 : appui de Denis Trudel, comédien et député du Bloc Québécois, également cœliaque depuis 15 ans.
Saviez-vous que ?

L'Importance de départir le vrai du faux
Quand la maladie cœliaque fait son arrivée dans notre vie ou dans celle d’un(e) proche, la tentation de faire des recherches en ligne peut être forte. Rien de plus normal ! Mais attention : si le monde virtuel comporte de bons côtés, il renferme aussi de l’information trompeuse. Il faut donc faire preuve de vigilance pour ne pas tomber dans le piège de la désinformation.

Internet nous donne dorénavant accès à une somme monumentale de renseignements, et les réseaux sociaux nous permettent d’entrer en contact avec des gens vivant plus ou moins la même réalité que nous.
Facebook regorge par exemple de groupes dédiés au « sans gluten » au sein desquels les membres sont très actifs, échangeant à propos de leurs symptômes, des astuces pour les atténuer, des restaurants à visiter ou à éviter, des produits qu’ils ont trouvés à l’épicerie, de leurs recettes préférées, etc.

Ces groupes ont certes du bon. Ils permettent de briser l’isolement en échangeant avec des personnes vivant avec la maladie cœliaque. Il faut cependant toujours garder en tête que les expériences des autres n’ont aucune valeur de référence officielle. D’autant plus que des individus peuvent vouloir éviter le gluten pour toutes sortes de raisons autres que la maladie cœliaque. Bref, si une recette proposée par un membre d’un groupe vous intéresse, la responsabilité vous revient de faire vos propres vérifications quant à la sécurité de la liste des ingrédients.

Les médecines alternatives

Encore plus insidieuseux : des informations non validées ou carrément fausses circulent sur des sites de cliniques de médecine alternative ( chiropraticiens, naturopathes, homéopathes, acupuncteurs ) qui, au premier coup d’œil, peuvent sembler très crédibles. C’est ce que souligne une étude menée par des chercheurs américains et canadiens et dont les résultats ont été publiés dans l’American Journal of Gastroenterology en 2019.

Des 500 sites passés en revue, 232 allégations ont été trouvées concernant le diagnostic et le traitement de la maladie cœliaque et de la sensibilité au gluten non cœliaque. De ce nombre, 59,5 %, étaient fausses ou non prouvées, donc plus de la moitié.

Avoir l’heure juste

Ce n’est donc pas pour rien si la crédibilité figure parmi les cinq valeurs qui constituent les piliers de la mission de Cœliaque Québec. « Toutes les informations fournies par notre organisme sont validées par les membres de nos comités scientifique et de nutrition. Elles sont donc fiables et à jour, qu’elles aient trait au diagnostic de la maladie, au régime sans gluten, à la contamination croisée, à la règlementation, et plus encore », assure Edith Lalanne, directrice générale de l’organisme.

À retenir :

  • Les forums de discussion autour de la maladie cœliaque ou de l’alimentation sans gluten sont intéressants afin de briser le sentiment d’isolement que peut générer la maladie, mais ne doivent pas être utilisés comme sources fiables d’information.
  • Les sites de cliniques de médecines alternatives peuvent véhiculer des informations non validées scientifiquement.
  • Pour des réponses fiables et à jour, s’en remettre à des organisations officielles, comme Cœliaque Québec.

Rédaction : Clémence Risler
  1. Promotion of Testing for Celiac Disease and the Gluten-Free Diet Among Complementary and Alternative Medicine Practitioners, Boyer, Graham; Caulfield, Timothy; Green, Peter H. R.; Lebwohl, Benjamin, American Journal of Gastroenterology, mai 2019, volume 114, numéro 5, p. 786-791
Article paru dans le magazine Coeliaque Québec - Printemps-Été 2020

Malgré tous leurs efforts et leurs précautions, la plupart des cœliaques ingèreraient des quantités mesurables de gluten dans la vie de tous les jours. Voici comment déchiffrer une récente étude sur le sujet.

C’est bien connu, quand on est atteint de la maladie cœliaque, le seul traitement efficace est l’alimentation sans gluten. Depuis quelques années, la communauté scientifique utilise des tests permettant de détecter la présence de gluten dans l’urine et les selles des patients. En utilisant cette technologie, des études récentes ont démontré que malgré l’adhérence à un régime sans gluten strict, un bon nombre d’individus cœliaques demeure exposé au gluten1, 2, 3. La consommation de repas au restaurant pourrait en être en partie responsable. En effet, selon une étude américaine, malgré une mention « sans gluten », jusqu’à 32 % des plats servis étaient contaminés4.

L’étude du Doggie Bag Study Group

Ces constats ont incité un groupe de chercheurs du Manitoba, en collaboration avec des chercheurs américains et espagnols, le Doggie Bag Study Group, à étudier à quel point les individus canadiens atteints de maladie coeliaque étaient exposés au gluten dans la vie de tous les jours5. Dix-huit participants suivant la diète sans gluten depuis presque deux ans ont été recrutés. Les participants devaient fournir des échantillons d’urine et de selles pendant dix jours, ainsi que des échantillons des aliments cuisinés ou préparés par l’industrie alimentaire consommés sur une période de sept jours. Tous ces échantillons ont été analysés avec différents tests, chacun ayant une sensibilité spécifique à détecter des fragments de gluten dans les aliments, l’urine ou les selles.

40 % des échantillons contaminés contenaient plus de 20 ppm, soit le seuil limite jugé sécuritaires pour les coeliaques.Les chercheurs ont trouvé du gluten dans l’alimentation de 9 des 18 participants ( 50 % des sujets ). La quantité de gluten détectée variait énormément, allant de 4 jusqu’à plus de 200 ppm. 40 % des échantillons contaminés contenaient plus de 20 ppm, soit le seuil limite jugé sécuritaire pour les cœliaques. Du gluten a été trouvé dans les urines de 8 participants ( 44 % ) et dans les selles de 5 participants ( 28% ). Au total, on a décelé une contamination au gluten, soit dans les aliments, les urines ou les selles, chez 12 des 18 participants.

Il n’y avait pas de lien entre la présence de gluten et la perception de l'adhérence au régime sans gluten. Autrement dit, un individu qui avait l’impression de suivre le régime à la lettre pouvait tout de même consommer des aliments contaminés au gluten de façon involontaire. Tous les participants de l’étude ont eu des biopsies duodénales deux ans après leur diagnostic. Tous présentaient une amélioration de la taille des villosités intestinales, ces petites structures de l’intestin qui contribuent à l’absorption des nutriments. Cependant, 8 des 12 participants contaminés au gluten avaient encore une atrophie villositaire, alors que 4 des 6 individus sans évidence d’exposition au gluten avaient des biopsies normales.

Du positif malgré tout

Ces résultats, publiés sous forme de communication brève dans Gastroenterology, suggèrent donc que dans la vie de tous les jours, malgré des efforts soutenus pour maintenir un régime sans gluten, une contamination demeure possible. Une diète complètement exempte de gluten peut s’avérer utopique et la majorité des individus atteints de maladie cœliaque consommeraient plutôt une diète « très faible » en gluten. Les auteurs mentionnent que le seuil de moins de 20 ppm de gluten est arbitraire et que, bien qu’il soit toléré par une majorité de patients, cette faible exposition peut tout de même empêcher ou retarder la guérison complète de la muqueuse intestinale. Il est important de mettre l’accent sur retarder et non empêcher, puisque les biopsies de tous les participants démontraient quand même une amélioration après deux ans de régime.

Une étude qui suscite des questionnements

Cette étude suscite des réflexions : le seuil de 20 ppm permis dans les aliments sans gluten devrait-il être révisé à la baisse ? Pas pour le moment. En examinant de plus près les seuils de sensibilité des tests d’urine et de selles, ainsi que la répartition des aliments qui contenaient plus de 20 ppm parmi les participants, presque tous les individus avec un test positif ont ingéré une quantité supérieure à 20 ppm. L’ensemble des ingrédients utilisés en cuisine ainsi que la fréquence des repas au restaurant n’ont pas été dévoilés dans les résultats.

Le but de l’étude n’était pas de remettre en question la règlementation actuelle ni d’évaluer le degré de contamination croisée dans les aliments, mais plutôt de démontrer qu’une proportion des individus croyant adhérer à la diète sans gluten demeurent exposés de façon involontaire. Et cela dans un contexte où les participants ont probablement fait des efforts supplémentaires, sachant qu’ils participaient à une étude.

En conclusion, l’étude du Doggie Bag Study Group contribue à révéler à quel point il est difficile pour les personnes cœliaques de consommer une diète totalement exempte de gluten. Les symptômes occasionnés par son ingestion sont très variables d’un individu à l’autre et les impacts à long terme d’une faible exposition demeurent inconnus et sont probablement différents d’une personne à l’autre. Les conclusions des chercheurs servent toutefois d’argument pour prouver qu’une diète sans gluten est un traitement imparfait pour la maladie coeliaque. La solution passerait plutôt par un suivi médical, l’implication de nutritionnistes spécialisées ainsi que la poursuite de recherches d’avenues thérapeutiques qui, espérons-le, pourront améliorer la qualité de vie des personnes cœliaques.

Par Amélie Therrien, Gastroentérologue

Références :
  1. Comino I, Fernandez-Banares F, Esteve M, et al. Fecal Gluten Peptides Reveal Limitations of Serological Tests and Food Questionnaires for Monitoring Gluten-Free Diet in Celiac Disease Patients. Am J Gastroenterol 2016;111:1456-65.
  2. Comino I, Segura V, Ortigosa L, et al. Prospective longitudinal study: use of faecal gluten immunogenic peptides to monitor children diagnosed with coeliac disease during transition to a gluten-free diet. Aliment Pharmacol Ther 2019;49:1484-92.
  3. Costa AF, Sugai E, Temprano MP, et al. Gluten immunogenic peptide excretion detects dietary transgressions in treated celiac disease patients. World J Gastroenterol 2019;25:1409-20.
  4. Lerner BA, Phan Vo LT, Yates S, et al. Detection of Gluten in Gluten-Free Labeled Restaurant Food: Analysis of Crowd-Sourced Data. Am J Gastroenterol 2019;114:792-7.
  5. Silvester JA, Comino I, Kelly CP, Sousa C, Duerksen DR, on behalf of the DOGGIE BAG Study Group, Most Patients With Celiac Disease on Gluten-free Diets Consume Measurable Amounts of Gluten, Gastroenterology (2020)
Article paru dans le magazine Coeliaque Québec - Printemps-Été 2020
 

La gestion stricte de la contamination croisée : encore une nécessité ?
Vous n'êtes pas sans savoir que l’adoption d’une alimentation stricte sans gluten demande des ajustements majeurs au mode de vie lorsque survient le diagnostic de la maladie coeliaque. Jusqu’où doit-on aller dans les mesures à mettre en place pour prévenir la contamination croisée ? Voilà une question qui nous est souvent posée et qui fait bien jaser dans les médias sociaux.

Cette question préoccupe également des chercheurs qui ont voulu comparer différentes techniques de manipulation alimentaire et leur impact sur la contamination potentielle des aliments sans gluten (SG).

Un protocole expérimental

Une première étude américaine publiée en 2019 dans Gastroenterology a analysé trois scénarios différents : la cuisson des pâtes, l’utilisation du grille-pain et l’utilisation d’un couteau de service. Le but était d’évaluer le risque de transfert du gluten et l’efficacité des méthodes de lavage lors de la manipulation d’aliments sans gluten après avoir manipulé des aliments avec gluten.
 
La cuisson des pâtes
Pour la cuisson des pâtes, 16 échantillons de 30 g de pâtes alimentaires régulières ( Barilla, États-Unis ) ont été utilisés. Plusieurs échantillons de pâtes SG ont été chauffés dans la même eau de cuisson qui avait été utilisée pour cuire des pâtes régulières ( après le retrait de ces pâtes ). Une contamination entre 33 et 115 ppm de gluten a été trouvée sur ces pâtes SG. Toutefois, en rinçant les pâtes avec de l’eau claire, on obtenait moins de 20 ppm de gluten. Malheureusement, cette étude n’a pas été confirmée par un échantillonnage suffisant pour être fiable.Attention, cette étude n'a pas été confirmée par un échantillonnage suffisant pour être fiable.

Pour les autres échantillons de pâtes SG, on a testé deux techniques de lavage/rinçage de la casserole ayant servi à la cuisson de pâtes régulières. Dans la première, la casserole a été rincée à l’eau et pour la deuxième, la casserole a été lavée à l’eau savonneuse. Les pâtes SG ont ensuite été cuites dans une eau claire. Peu importe la technique utilisée, il n’y avait pas de gluten détectable.

Le partage d'un grille-pain
Pour l’utilisation partagée du grille-pain, l’expérience a démontré que seules 5 à 8 ppm de gluten avaient subsisté sur le pain SG grillé après un pain régulier.

La double utilisation d'un couteau
Pour le découpage d’un gâteau SG avec un couteau non lavé ayant servi à trancher du gâteau avec gluten, seulement 2 échantillons étaient contaminés à plus de 20 ppm. Toutes les méthodes de lavage testées se sont avérées également efficaces pour prévenir la contamination.

Une étude préliminaire

Selon l'avis des experts...La deuxième étude publiée dans la revue Journal of Food Protection aborde spécifiquement la contamination croisée possible par les ustensiles de cuisine. Le but de cette étude était de déterminer la présence ou non de contamination croisée par l’utilisation des ustensiles de cuisine et comparer l’efficacité de trois méthodes de nettoyage ( lavage à l’eau froide, lavage à l’eau chaude et nettoyage avec linge propre ) pour prévenir cette contamination.

Comme méthode, deux nutritionnistes ont utilisé quatre instruments différents, initialement neufs et lavés préalablement au lave-vaisselle : cuillère de bois dans une casserole, passoire non lavée, louche et couteau à pain. La cuisine a été préalablement séparée en deux sections, une aire sans gluten et une aire avec gluten, espacées de quatre mètres pour éviter la contamination qui pourrait provenir de l’environnement. Chacun des instruments a été utilisé successivement pour manipuler des pâtes avec gluten puis sans gluten. Dix scénarios différents de manipulation ont été effectués, chacun à trois reprises, pour mesurer la contamination croisée provenant des ustensiles. Un total de 30 échantillons alimentaires ont été obtenus pour analyse.

En conclusion, tous les échantillons étaient en bas de 10 ppm ( 10 mg/kg de gluten ) pour les pâtes sans gluten. Les auteurs mentionnent toutefois que, compte tenu de la méthode d’analyse utilisée, la détection de quantité de gluten était limitée et les résultats étaient très fluctuants. Le plus grand risque mesuré de contamination était avec l’utilisation de la louche contaminée pour manipuler les pâtes sans gluten.
Attention aux conclusions hâtives !

Bien que les résultats de ces deux études semblent intéressants, il est important de rester vigilant lorsque de telles informations circulent. En effet, on doit considérer qu’ils proviennent d’études préliminaires dans lesquelles un faible nombre d’échantillons est utilisé. De plus, une variable importante qui n’a pas été mesurée est l’accumulation des risques au quotidien. En effet, il se peut que certaines pratiques soient moins dangereuses que d’autres. Toutefois, on doit se rappeler que c’est l’addition des risques qui fait en sorte que les transferts de gluten augmentent significativement dans la journée, pouvant ainsi affecter la santé de la personne cœliaque.

Ainsi, ces deux études comportaient des biais. À titre d’exemple, le nombre d’échantillons insuffisant ne permet pas de changer certaines pratiques en lien avec la gestion de la contamination. D’autres études sont donc nécessaires afin de valider ces résultats, tout en considérant l’aspect de l’accumulation des risques au quotidien.

Par Nicole LeBlanc, Dt.P., nutritionniste

Références :
  • Weisbrod VM, Silvester JA, Raber C, McMahon J, Coburn SS, Kerzner B. Preparation of Gluten-Free Foods Alongside Gluten-Containing Food May Not Always Be as Risky for Celiac Patients as Diet Guides Suggest, Gastroenterology (2019), doi: https://doi.org/10.1053/j.gastro.2019.09.007.
  • Studerus D, Hampe EI, Fahrer D, Wilhelmi M and Vavricka S. Cross-Contamination with Gluten by Using Kitchen Utensils: Fact or Fiction? Journal of Food Protection, Vol. 81, No. 10, 2018. doi:10.4315/0362-028X.JFP-17-383.
  • www.coeliaque.quebec/etude-contamination
Article paru dans le magazine Coeliaque Québec - Printemps-Été 2020
Filles Lamer

Prendre le large en toute confiance
Lorsque la famille s’est embarquée pour la première fois sur une croisière dans le Sud, Camille et Laurence avaient quatre et cinq ans. La famille a eu la piqûre, si bien qu’elle a répété l’aventure plus d’une dizaine de fois jusqu’à maintenant, visitant les îles des Caraïbes, plusieurs pays d’Amérique centrale et quelques-uns d’Amérique du Sud.

Il y a quelques mois, le clan a pris part à sa douzième croisière, le menant de Miami vers Porto Rico, Saint-Thomas et Tortola. Ce périple était le premier entamé depuis que Camille, 18 ans, et Laurence, 17 ans, ont été diagnostiquées cœliaques il y a un peu plus d’un an. « Quand on a eu cette nouvelle, on a eu peur de ne plus pouvoir voyager comme avant, confie Bernard Lamer. Comme ma plus jeune est aussi allergique aux fruits de mer depuis longtemps, nous savions que les croisiéristes prenaient beaucoup de précautions de ce côté. Mais comme la gestion du gluten dans une cuisine est plus compliquée, nous doutions de pouvoir partir l’esprit tranquille. »

Tout le monde à bord!

Dès qu’ils ont contacté leur agence de voyages, les membres de la famille ont pu être rassurés. « Notre agente a vérifié auprès de la compagnie de croisière Norwegian Cruise Line et nous a garanti que les filles pourraient avoir des repas sans gluten et nous a indiqué quoi faire pour s’en assurer. »

En mettant les pieds sur le bateau, la première chose que la famille a donc faite est de se diriger vers le comptoir de service aux voyageurs et de demander à rencontrer le maître d’hôtel pour lui exposer la situation. « On nous a expliqué qu’ils avaient l’habitude de servir des passagers cœliaques, et même qu’une partie de la cuisine était dédiée exclusivement au sans gluten. »

Devant renoncer à la formule buffet en raison des risques de contamination croisée élevés, Camille et Florence craignaient de passer trop de temps dans les restaurants à la carte du navire, où le service aux tables exige plus de temps. Les deux sœurs ont toutefois vite réalisé qu’elles ne seraient pas pénalisées : « Chaque jour, le personnel prenait les commandes de mes filles pour leurs déjeuner, dîner et souper du lendemain, explique leur père. Ainsi, au moment des repas, elles n’avaient qu’à se présenter à n’importe quel restaurant du navire pour obtenir, environ 10 minutes plus tard, leur commande sur un plateau recouvert. Elles pouvaient ainsi aller manger où elles le souhaitaient, soit venir nous rejoindre au buffet ou aller sur le bord de la piscine. »

Mijanou Lanctôt, directrice de l’agence de voyages Nicole et Cie, appartenant au réseau Transat et située à Vaudreuil-Dorion, confirme que prendre part à une croisière est l’une des façons les plus sécuritaires de voyager pour quiconque a des restrictions alimentaires. « Toutes les compagnies, des plus hautes gammes aux moins luxueuses, sont depuis longtemps très attentives aux réalités liées aux allergies et aux intolérances alimentaires. Le voyageur coeliaque doit tout de même rester vigilant et poser les bonnes questions. Je conseille par exemple de toujours avoir la liste des ingrédients problématiques écrite en anglais. »

La diversité au menu

Pour le souper, la famille de Bernard Lamer se retrouvait dans les restaurants à la carte. « Mes filles pouvaient choisir n’importe quel plat figurant au menu pour que l’équipe en cuisine l’adapte en utilisant des ingrédients sans gluten. Un soir, à l’occasion de l’anniversaire de ma conjointe, j’ai même tenté ma chance avec une demande à laquelle je ne pensais pas qu’ils allaient répondre, soit de confectionner un gâteau sans gluten. Celui qu’ils nous ont servi était non seulement délicieux, mais également superbe, et tout le monde a pu en profiter ! »

Il ne faut pas avoir peur de faire de telles requêtes, assure Mijanou Lanctôt, car on retrouve généralement plusieurs ingrédients sans gluten dans les cuisines d’un bateau. J’ai également déjà vu des gens apporter sur le bateau leurs propres pâtes et farines avec lesquelles le chef acceptait de cuisiner. Et puisque toutes les cabines sont dotées de petits réfrigérateurs, les voyageurs peuvent apporter leur propre nourriture et la garder dans leur chambre.
Pendant les sept jours qu’a duré le circuit, les filles de Bernard Lamer ne se sont pas senties brimées une seule fois. « Il a fallu s’organiser un peu plus lors des escales, quand on débarquait pour découvrir un pays. On déjeunait à bord avant les visites et revenions dîner vers 14 h. Il fallait donc prévoir des collations pour pouvoir rester sur la terre ferme plus longtemps. »

Sur la vingtaine de repas pris sur le navire, aucun n’a causé de soucis aux deux jeunes femmes. « Alors que ma plus vieille est complètement asymptomatique, c’est tout le contraire pour ma plus jeune qui réagit très vite et très fortement au gluten, explique M. Lamer. Elle n’a pas été malade du voyage, donc on sait que nos requêtes ont été prises très au sérieux. L’inquiétude qui était présente au départ s’est très rapidement dissipée et le plaisir a été au rendez-vous pour toute la famille. »

Par Clémence Risler
Article paru dans le magazine Coeliaque Québec - Printemps-Été 2020

NDLR
Au moment de mettre sous presse, le gouvernement du Canada recommandait d’éviter les voyages et notamment les croisières à cause du coronavirus ( COVID-19 ). Cette suggestion de voyage sera à reconsidérer lorsque la situation sanitaire sera rétablie.


 
Recherche sur un produit alimentaire

Porter plainte: quand, comment et pourquoi ? La réponse du MAPAQ
Au restaurant, en ouvrant le menu, vous vous réjouissez de pouvoir choisir une appétissante pizza avec la mention SANS GLUTEN. Vous vous régalez, mais peu de temps après, des symptômes se font ressentir. Un coup de fil au ministère de l’Agriculture, Pêcherie et Alimentation du Québec (MAPAQ) s’impose peut-être.

Au Québec, la mention SANS GLUTEN est encadrée par le MAPAQ. Si vous avez un doute quant à la véracité de cette allégation, c’est donc vers lui que vous devez vous tourner. Cœliaque Québec s’est entretenu avec Danielle Ramsay, coordonnatrice provinciale aux toxi-infections alimentaires au MAPAQ, pour savoir quand, comment et pourquoi déposer une plainte. Et pour connaître la manière dont celle-ci est traitée.

Concernant la présence de gluten dans un aliment, à quel moment un consommateur peut-il porter plainte ?

« Si un consommateur est incommodé à la suite de l’ingestion d’un produit ou d’un mets clairement identifié SANS GLUTEN acheté en épicerie ou mangé dans un restaurant ou dans tout autre établissement servant de la nourriture.

S’il a un doute quant à un aliment dont l’étiquetage manque de clarté, il peut aussi s’en remettre au MAPAQ, non pas pour porter plainte, mais pour demander de l’information afin de savoir si le produit est sécuritaire ou non pour lui. »

Quelles informations doivent être fournies lors d’une plainte ?

« Un appel téléphonique demeure la façon la plus efficace de porter plainte, car la personne du MAPAQ sera en mesure d’orienter la conversation et de poser les bonnes questions afin d’obtenir les informations nécessaires à l’enquête :
  •   quel est le produit soupçonné ?
  •   où et quand a-t-il été acheté ?
  •   où et quand a-t-il été consommé ?
  •   quels sont les symptômes ressentis et quand sont-ils apparus ?
  •   pourquoi ce produit en particulier est-il ciblé plutôt qu’un autre ?
À noter que les plaintes sont traitées de façon confidentielle, c’est-à-dire que le nom du plaignant ne sera pas communiqué au commerce concerné. »

Comment s’effectuent les vérifications ?

« Si la plainte concerne un aliment préparé dans un établissement, comme une pâtisserie ou un restaurant par exemple, un inspecteur s’y rend dans les 24 heures pour procéder à une évaluation des risques de contamination. Il passe au peigne fin tous les éléments qui pourraient faire en sorte que du gluten se retrouve là où il ne devrait pas. Il tient compte des procédures, comme l'emploi d’instruments, le port des bons vêtements ( soit un tablier exclusivement dédié à la préparation des aliments sans gluten ), l’utilisation d’une zone réservée à la manipulation des ingrédients avec gluten, le nettoyage des équipements et des surfaces de travail, l’entreposage des aliments, etc. Si tout semble conforme, l’inspecteur pourrait aussi faire des prélèvements alimentaires pour les faire analyser en laboratoire. »

Et dans le cas d’un aliment acheté en épicerie ?

« Le MAPAQ procède non seulement à l’analyse de l’aliment acheté par le plaignant quand c’est possible, mais en fait aussi de même avec un produit identique provenant de l’épicerie pour voir s’il y a une concordance. L’inspecteur doit aussi interroger le consommateur pour s’assurer que ce soit bien le produit qui est contaminé, et non l’environnement. Car parfois, la contamination peut se produire à domicile. »

Qu’arrive-t-il quand du gluten est détecté dans un produit ?

« Si on décèle du gluten dans un produit d’épicerie qui est sous juridiction fédérale, car fabriqué en dehors du Québec par exemple, on transfère le dossier à l’Agence canadienne d’inspection des aliments avec la mention de la quantité de gluten trouvée. C’est donc à elle de poursuivre la démarche et de procéder à un rappel s’il y a lieu. Pour un aliment fabriqué et vendu au Québec, c’est au MAPAQ que reviennent ces procédures.

Dans le cas d’un restaurant, une fois qu’il a été prouvé que les mesures adéquates pour contrôler les risques de contamination ne sont pas appliquées, on exige que soient retirées toutes les mentions "sans gluten" des menus, publicités, sites web, etc. Si un établissement souhaite pouvoir utiliser à nouveau la mention sans gluten, il devra nous prouver au préalable que les correctifs adéquats ont été apportés aux procédures.

Cela n’empêche toutefois pas le restaurant de troquer cette mention pour d’autres tournures, comme " sensible au gluten " ou " faible en gluten ". Toute appellation autre que SANS GLUTEN n’est pas réglementée et ne représente donc pas de garantie sécuritaire pour les personnes cœliaques ou intolérantes au gluten. »
 
Reconnu comme un allergène
Au MAPAQ, le gluten est catégorisé comme un allergène à déclaration obligatoire, au même titre que les arachides, par exemple. À la différence des autres allergènes à déclaration obligatoire, le gluten n’est pas mortel et il est volatil, d’où l’importance qu’un établissement dispose de locaux isolés quand il utilise de la farine.

Comment déposer une plainte ?
Par téléphone : 1 800 463-5023
En ligne : https://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Consommation/Pages/FormulairePlaintes.aspx

À Montréal
Les plaintes qui concernent les établissements du territoire montréalais sont traitées par la Ville de Montréal. La population peut tout de même s'adresser directement au MAPAQ qui redirigera la requête vers la Ville, ou s'adresser directement à celle-ci en consultant le site : www.ville.montreal.qc.ca/inspectiondesaliments
Serveur au restaurant
Manger au restaurant quand on est atteint de la maladie cœliaque : un vrai casse-tête direz-vous ? En effet, ce n’est pas simple ! Que ce soit l’offre d’aliments non sécuritaires ou la mauvaise gestion de la contamination croisée, rares sont les personnes cœliaques qui n’ont pas vécu au moins un désastre lors d’une de leur sortie.

Que dit la loi pour les restaurants ?

Contrairement aux produits vendus en épicerie, il n’existe aucune exigence d’étiquetage pour la déclaration des ingrédients et des allergènes prioritaires sur les menus de restaurants. La déclaration est optionnelle, ou à la demande du consommateur.

Cependant, le restaurateur qui fait le choix d’utiliser la mention SANS GLUTEN doit le faire conformément à la RÈGLEMENTATION CANADIENNE, qui tient compte de la contamination croisée. Concrètement, cela signifie que :
  •     l’aliment ou le mets servi ne doit contenir aucun ingrédient de source de gluten.
  •     les mets SANS GLUTEN sont préparés conformément aux bonnes pratiques de fabrication et ne contiennent pas plus de 20 ppm de gluten issues d’une contamination croisée.
Il est de la responsabilité du restaurateur de s’assurer que des mesures de contrôle soient mises en place afin de respecter toutes les exigences réglementaires.

Les menus SANS GLUTEN… sont-ils vraiment sans gluten ?

Dans les dernières années ( dû à la popularité croissante des régimes sans gluten ), plusieurs restaurateurs ont fait le choix d’offrir des options sans gluten à leur menu. D’une certaine manière, on s’en réjouit, puisque cela donne l’espoir aux personnes cœliaques de pouvoir continuer à manger à l’extérieur, une activité sociale que plusieurs ne se permettaient plus. Toutefois, les menus affichés SANS GLUTEN sont-ils « vraiment » sans gluten ? Pas toujours! Une étude parue en 2018 aux États-Unis a démontré que 32 % des mets affichés SANS GLUTEN contenaient des quantités détectables de gluten de plus de 20 ppm, soit la quantité jugée sécuritaire à la consommation pour les personnes cœliaques. Bien qu’il s’agisse d’une étude préliminaire chez nos voisins américains et considérant les limites des tests utilisés, cela rappelle qu’il ne faut rien tenir pour acquis.

Les établissements qui offrent un menu sécuritaire pour les cœliaques se comptent actuellement en petit nombre. Bien que les restaurateurs soient de plus en plus sensibilisés à la maladie cœliaque et aux aliments contenant du gluten, la gestion de la contamination croisée demeure le nerf de la guerre. Selon cette même étude, c’est principalement cette problématique qui expliquerait la présence de trace de gluten, même dans un menu dit SANS GLUTEN.

Un consommateur averti en vaut deux

Lorsqu’on est atteint de la maladie cœliaque et qu’on est bien à l’affût des risques qu’engendre une consommation - même minime - de gluten, il vaut mieux prendre toutes les précautions nécessaires. Voici quelques conseils qui peuvent aider à limiter les risques d’ingestion accidentelle de gluten lors de sorties au restaurant :
  • renseignez-vous avant. Regardez le menu en ligne et appelez le restaurateur. N’ayez pas peur de poser des questions : on n’en pose jamais assez ! Ont-ils des options SANS GLUTEN? Le personnel est-il formé pour la gestion de la contamination croisée ? Les repas sont-ils préparés avec de l’équipement dédié au SANS GLUTEN ?
  • sur place, informez le serveur ou le chef de votre situation de santé. Soyez bien clair qu’il ne s’agit pas d’une préférence alimentaire, mais bien d’une condition médicale requérant un menu strictement sans gluten.
  • avant de commander votre repas, assurez-vous auprès de votre serveur ou du chef qu’il n’y a pas de source de gluten caché. Les sauces, les soupes, les panures et certains condiments contiennent souvent du gluten.
  • validez votre repas auprès de votre serveur. Au moment de le recevoir, assurez-vous qu’il s’agit bien du repas SANS GLUTEN que vous avez commandé.

Des initiatives encourageantes

Rassurez-vous, plusieurs restaurateurs sont bien au fait de la maladie coeliaque et sont passés maîtres dans l’art de préparer des repas sans gluten. D’ailleurs, afin d’appuyer l’industrie des services alimentaires et de la restauration dans leur initiative d’offrir des menus SANS GLUTEN, le Programme de gestion d'aliments sans gluten ( PGASG ) a mis au point les programmes Sans gluten-Vérifié, Sans gluten-Dédié et la formation SG-Averti.  Les logos SG-Vérifié et SG-Dédié assurent aux consommateurs que la gestion du gluten en cuisine est effectuée correctement. Puisqu’il s’agit d’un gage de sécurité pour le consommateur, Cœliaque Québec encourage les restaurateurs à obtenir leur certification. Pour connaître la liste des établissements québécois et canadiens ayant suivi le programme, consultez le lien suivant: http://www.coeliaque.quebec/industries/restaurants-sans-gluten
Logos SG-Vérigié et SG-Dédié

Même s’il n’est pas toujours facile de manger sans gluten dans les restaurants, on note une hausse du nombre de restaurateurs offrant des options SANS GLUTEN. L’important est de demeurer vigilant, en se renseignant au préalable, notamment sur les options offertes et la gestion de la contamination croisée. Dans le doute, on s’abstient ou on opte pour un restaurateur en qui l’on a déjà confiance.

Par Christine Desjardins, Dt.P., M.Sc., nutritionniste

Références :
  1. Shelley Case. Eating Out Safely on a Gluten-Free Diet. Consulté en ligne le 29 janvier 2020.
  2. Beyond Celiac. Dining Tips from Beyond Celiac. Consulté en ligne. 29 janvier 2020.
  3. Lerner BA, Phan Vo LT, Yates S, Rundle AG, Green PHR, Lebwohl B. Detection of Gluten in Gluten-Free Labeled Restaurant Food: Analysis of Crowd-Sourced Data. Am J Gastroenterol. 2019;114(5):792-7.Food - Medscape - Oct 08, 2018.
  4. Santé Canada. L’utilisation des mises en garde relatives aux allergènes alimentaires sur l’étiquette des aliments préemballés. Bureau d’innocuité des produits chimiques. Direction des aliments. Direction générale des produits de santé et des aliments. Mars 2012.
  5. Santé Canada. Position de Santé Canada au sujet des allégations sans gluten. Bureau d’innocuité des produits chimiques. Direction des aliments. Direction générale des produits de santé et des aliments. Juin 2012.
Article paru dans le magazine Coeliaque Québec - Printemps-Été 2020

Le manuel d'inforamtion subit une véritable transformation
Tout nouveau membre de Cœliaque Québec reçoit beaucoup d’information au moment de son adhésion, tant au sujet de sa condition, que de son traitement et de son application dans la vie de tous les jours. Des changements surviendront sous peu : plutôt que de recevoir un manuel d’information comme c’était le cas depuis quelques années, les nouveaux adhérents recevront quatre publications actualisées et divisées par thème.

Regroupement par thème

La première publication La maladie cœliaque et les autres maladies induites par le gluten présente les symptômes, le diagnostic, le traitement et le suivi médical de ces conditions. Le second, dont le titre est Vivre sans gluten, traite des sorties aux restaurants, des voyages, bref des événements spéciaux de la vie qui représentent un défi pour les personnes atteintes. L’aspect budgétaire est également traité dans cette publication. Le troisième, Faire des choix sans gluten définit le gluten, explique la contamination, traite de la règlementation et amène des précisions importantes sur l’avoine et sur certains mythes persistants. Finalement, le fascicule Bien s’alimenter aide à comprendre le phénomène de la malabsorption des nutriments et comment bien s’alimenter pour rétablir sa santé intestinale. Les personnes atteintes étant sujettes aux carences, les éléments nutritifs à privilégier sont également présentés.

Pourquoi ce changement ?Le premier objectif de ce changement est de simplifier son contenu et de le rendre accessible à un auditoire élargi.

La première édition du manuel d’information remonte à l’an 2000. Au cours des années, il a subi cinq mises à jour. La dernière remonte à 2012, année où la règlementation encadrant l’allégation sans gluten et la déclaration obligatoire des sources de gluten entrait en vigueur. Le premier objectif de ce changement est de simplifier son contenu et de le rendre accessible à un auditoire élargi. De plus, avec le changement de nom et d’image de marque de Coeliaque Québec réalisé à la fin de l’année 2019, le manuel d’information devait se réinventer afin de s’harmoniser aux nouvelles couleurs de Coeliaque Québec.
Ces publications seront offertes sous peu dans la section boutique du site.
 
Article paru dans le magazine Coeliaque Québec - Printemps-Été 2020

L'outil essentiel pour la gestion de votre alimentation sans gluten : La lecture des étiquettes

Puis-je manger ce produit ? Cette question est au cœur du quotidien de toute personne cœliaque. C’était pour répondre à celle-ci que Cœliaque Québec avait créé, en 1983, le Guide pratique des ingrédients permis et à éviter. Comme vous l’avez usé durant toutes ces années ! Aujourd’hui, la stratégie la plus efficace pour répondre à la question est la suivante : la lecture des étiquettes.

LIvret ingrédients permis et à éviterDe 1999 à 2016, Cœliaque Québec a publié huit versions du Guide pratique sur la maladie cœliaque et le régime sans gluten : ingrédients permis et à éviter. La plus récente édition était offerte à tous nos membres lors de leur adhésion.  

Ce guide a été développé à une époque où la présence de gluten n’était pas règlementée sur l'étiquetage des aliments. Par exemple, lorsqu’on trouvait « assaisonnements » dans la liste des ingrédients, le fabricant n’était pas dans l’obligation d’indiquer la présence de source de gluten dans cet aliment. Ce guide pratique était donc pertinent pour les individus qui désiraient avoir des lignes directrices quant aux aliments à éviter et ceux qui étaient sécuritaires à consommer.

Depuis la mise en place de la nouvelle politique d’étiquetage (voir encadré plus bas), les nutritionnistes de l’organisme ont développé la formation Alimentation sans gluten et des aide-mémoires résumant la méthode de lecture des étiquettes. Ces outils ont été créés afin de faciliter la transition vers une gestion autonome de votre alimentation sans gluten. D’ailleurs, il est possible de s’inscrire à la formation ou de consulter les aide-mémoires sur le site internet de Cœliaque Québec.

À la suite du développement des différents outils en lien avec la nouvelle règlementation, Cœliaque Québec s’est interrogé sur l’utilité et la fiabilité du guide pratique, et nous avons décidé de cesser sa publication.

Pourquoi ?

Car la seule source règlementée d’informations se trouve sur l’étiquetage des produits emballés !

Seules les compagnies alimentaires connaissent et peuvent modifier la recette de leurs produits. Il est donc impossible de savoir si un produit sans gluten un jour le sera toujours ! D’ailleurs, il se peut que vous trouviez en épicerie deux différents formats d’un même produit, qu’un soit étiqueté SANS GLUTEN, alors que l’autre contient du gluten.

Heureusement, la nouvelle règlementation en vigueur depuis maintenant huit ans est bien intégrée par l’industrie alimentaire. Elle est simple et elle offre tous les renseignements nécessaires afin d’évaluer la composition en gluten d’un produit emballé. C’est donc un outil puissant sur lequel on peut s’appuyer pour faire des choix sécuritaires et le seul guide à suivre !

Pour toutes ces raisons, le guide pratique est devenu superflu lorsqu’on comprend bien l’étiquetage alimentaire.

Exigences règlementaires relatives aux aliments sans gluten

Il est possible de déterminer si un produit alimentaire est sécuritaire pour une personne cœliaque en suivant ces étapes :

  1. vérifier si la mention ou la certification SANS GLUTEN se trouve sur l’étiquette.
  2. s’assurer de l’absence des céréales de type SABOT (Seigle – Avoine – Blé – Orge – Triticale) dans la liste des ingrédients, à la ligne « Contient » ou « Peut contenir ».
  3. en l’absence de tous les éléments suivants :
  • mention ou certification SANS GLUTEN
  • mention « Contient »
  • mention « Peut contenir »
 contacter le fabricant ou s’abstenir en cas de doute lorsque le produit contient une longue liste d’ingrédients ( épices, arômes, extraits de levure, etc. )

Avec votre magazine Printemps-Été 2020, vous recevrez une petite carte qui vous aidera à vous familiariser avec la lecture des étiquettes. Transportez-la partout ! Vous pouvez aussi la télécharger ici.

L'inscription à la formation Alimentation sans gluten se fait à l’adresse suivante : www.coeliaque.quebec/evenements

Pour toute autre question, vous pouvez nous contacter par courriel ou par téléphone : info@coeliaque.quebec ou au 514-529-8806

Par Florence Racine

Article paru dans le magazine Coeliaque Québec - Printemps-Été 2020
Salade tempeh aux herbes
Rendement : 4 portions
Préparation : 10 minutes
Cuisson : 15 minutes
Attente : 10 minutes
Total : 35 minutes
560 calories/portion

Ingrédients

  • 260 g ( 1 1/3 tasse ) de riz basmati
  • 240 g de tempeh SG
  • 2 c. à soupe ( 30 ml ) de sauce soja SG
  • 1 c. à soupe ( 15 ml ) de vinaigre balsamique
  • 3 gousses d’ail hachées finement
  • 2 c. à thé ( 10 ml ) d’huile de canola
  • 4 c. à soupe ( 60 ml ) d’huile d'olive extra vierge
  • 3 c. à soupe ( 45 ml ) de jus de citron
  • 2 c. à thé ( 10 ml ) de cari
  • 375 ml ( 1 ½ tasse ) de lentilles en conserve, rincées et égouttées
  • 2 oignons verts, tranchés finement     
  • 40 g ( ½ tasse ) de persil italien frais, haché finement     
  • 2 c. à thé ( 10 ml ) de basilic frais, haché finement
  • poivre au goût

Préparation

  1. Cuire le riz dans une marmite d’eau bouillante salée. Laisser reposer au moins 30 minutes au réfrigérateur ( on peut faire cette étape à l'avance ).
  2. Pendant ce temps, préparer le tempeh : couper le bloc en quatre carrés et ensuite chacun des carrés en deux triangles. Mélanger une cuillère à soupe de sauce soja, le vinaigre balsamique et une gousse d'ail dans un bol. Mettre le tempeh dans le bol et laisser mariner 15 minutes. Tourner les morceaux une fois pour permettre à la marinade de bien pénétrer et s'assurer que les deux côtés sont couverts.
  3. Chauffer l'huile de canola dans une poêle à feu moyen-élevé. Ajouter les triangles de tempeh et les faire sauter jusqu'à ce qu’ils soient bien dorés, environ cinq minutes.
  4. Dans un petit bol, bien mélanger l'huile d'olive, le jus de citron, le reste de la sauce soya et le cari.
  5. Mettre le riz cuit dans un saladier avec les lentilles, les oignons verts, les gousses d’ail restantes et les herbes. Verser la vinaigrette par-dessus, poivrer légèrement, touiller délicatement. Ajouter le tempeh et laisser reposer 10 minutes avant de servir.
Une recette SOS Cuisine
Christine DesjardinsEn début d’année 2020, une nouvelle recrue s’est jointe à l’équipe de Cœliaque Québec. Il s’agit de la nutritionniste Christine Desjardins, Dt.P., M.Sc. Détentrice d’un baccalauréat et d’une maîtrise en nutrition, Christine cumule plus d’une dizaine d’années d’expérience dans différents domaines de la nutrition. Passionnée par la santé digestive et ayant à cœur le bien-être de chacun, Christine apportera sa touche personnelle aux nombreux projets devant nous.  

Cœliaque Québec remercie Marie-Eve Deschênes, Dt.P. qui, pendant plus de 10 ans, a contribué à démystifier la maladie et son traitement. De nombreux changements ont été mis en place en sa présence, parmi lesquels la règlementation canadienne sur l’étiquetage alimentaire. Elle a également grandement participé à la mise sur pied de la formation Alimentation sans gluten, en plus de répondre à des milliers de questions provenant des membres et des professionnels. Merci Marie-Eve !

Des stagiaires dynamiques !

StagiairesDe septembre à décembre, trois stagiaires finissantes en nutrition de l’Université de Montréal ont été accueillies au sein de notre équipe. En plus de contribuer aux tâches quotidiennes de Coeliaque Québec comme répondre aux questions des membres et participer à la formation Alimentation sans gluten, chacune d’elles avait un mandat bien spécifique à réaliser. Notre première stagiaire, Andrée-Ann Sirard, avait comme principale tâche de rédiger un article sur la contamination que vous avez pu lire dans l’édition de l’hiver dernier du magazine. La seconde, Vanessa Brunette, a préparé des aide-mémoires sur l’alimentation sans gluten et la lecture des étiquettes qui seront disponibles prochainement sur notre site web. Enfin, Florence Racine a rédigé l’avis que vous trouverez dans le présent magazine concernant l’arrêt de publication du guide des ingrédients permis et à éviter, que vous pouvez lire à la page 28. Aujourd’hui, ces trois charmantes personnes sont bien au fait des enjeux entourant la maladie coeliaque et deviendront sans aucun doute des ambassadrices qui, à leur manière, feront progresser la cause des cœliaques. Nous les remercions de leur contribution et leur souhaitons le meilleur des succès dans leur carrière respective.
 
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