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Monique Poupart, travailleuse sociale et ayant la maladie cœliaque, accompagnée de sa fille Virginie Lamarche (non cœliaque) et d’Émilie Laurencelle-Bonsant, intolérante au gluten, ont présenté de vibrants témoignages.  

Monique Poupart, dans sa période prédiagnostique, a subi un test différent à l’hôpital tous les vendredis pendant un an, car personne ne pouvait identifier sa maladie. Elle a même été traitée pour dépression parce que les médecins croyaient que son problème était nerveux. Elle a souligné que beaucoup de cœliaques angoissent et maigrissent beaucoup avant d’être diagnostiqués. Bref, avant le diagnostic, on souffre d’isolement et on vit un grand désarroi.

Pour elle, le diagnostic a été un grand soulagement. «Enfin, je sais ce que j’ai! Pas de pilules? Pas d’opération? Juste une diète? J’étais contente jusqu’à temps que je fasse mon premier marché ! Au bout de deux heures, j’avais trois aliments dans le panier!»

Puis, ce fut l’affolement et les grandes inquiétudes. Elle a aussi connu beaucoup de colère. Il lui a fallu vivre un processus de deuil, car elle devait maintenant composer avec des limites physiques et alimentaires.

À travers une anecdote savoureuse, elle a aussi parlé de l’importance de bien informer son entourage et de ne pas «tricher». Alors qu’elle était en visite chez des amis, elle a demandé à faire cuire son pain sans gluten dans le four plutôt que d’utiliser le même grille-pain que les autres. Son ami lui a dit : «Pousse, mais exagère pas!» Elle a répondu : «Tu ne connais pas ça. Mon pain va toucher vos miettes et risqué d’être contaminé. C’est sûr que ça ne me tuera pas sur le coup, mais si je prends un peu d’arsenic chaque jour…». Son ami s’est excusé et a compris la situation.

Monique Poupart a vite compris qu’il ne servait à rien de «faire de l’apit’», de s’apitoyer sur son sort. Ça n’attire pas beaucoup de sympathie chez les autres. Alors que si on est organisé, l’entourage a envie d’être organisé aussi. Les gens ont le goût de pouvoir faire quelque chose de spécial pour les malades cœliaques.


Des trucs vraiment utiles

La jeune Émilie Laurencelle-Bonsant, qui a aujourd’hui 21 ans, a été diagnostiquée à 13 ans. Son franc-parler et sa candeur ont conquis les 500 personnes réunies à Saint-Hyacinthe. Elle a même eu droit, à sa demande, à une ovation debout!

Dans une première présentation publique très bien préparée, Émilie a donné ses conseils pour bien vivre avec la maladie cœliaque. Car selon elle, tout le monde a le droit de vivre une belle vie en faisant la diète sans gluten.

  1. Se créer un groupe de soutien. Ça change tout. Des gens sont désemparés parce qu’ils vivent de la solitude. 
  2. Se munir de beaucoup de patience. Pour sensibiliser les gens, il faut souvent répéter, car ils oublient vite. Et puis, avant de voir une différence en termes de poids et d’énergie grâce au régime, ça peut prendre six mois, même un an.
  3. Apprendre à détecter les mets qu’on peut et qu’on ne peut pas manger. Il faut devenir des experts en lecture d’ingrédients. Petit truc d’Émilie : quand la liste d’ingrédients dépasse un centimètre de haut, il y a presque toujours du gluten !
  4. Savoir expliquer les restrictions alimentaires. Une personne est plus portée à vous aider si vous êtes bien informée. Soyez affirmatif. Faites des suggestions de mets pour les parents ou amis qui vous reçoivent.
  5. Savoir s’organiser. Pour éviter d’être désemparé et de devoir mal manger, et donc risquer d’être malade. Appeler au restaurant avant d’arriver, parler au chef ou au serveur. Mettre des plats surgelés dans le frigo pour les lunchs à l’école, car avec les cafétérias et la restauration rapide, il y a trop de risques de contamination.
  6. Donner des livres de recettes à ceux qui nous reçoivent plus fréquemment ou une liste des ingrédients qu’on peut ou non manger.
  7. Appliquer le principe «Si tu ne demandes rien, tu n’as rien.» Émilie raconte avec émotion que parce qu’elle l’a demandé, le jour de sa graduation, elle a pu manger comme les autres. Idem pour un camp de vacances, qui a fait des réserves de produits sans gluten. Elle y a mangé trois repas par jour sans gluten. Il faut demander avec le sourire en évitant l’attitude de victime.
  8. Être positif et confiant.

Virginie Lamarche a une mère qui a la maladie cœliaque. Elle a témoigné avec humour des joies et des difficultés que cause cette situation dans sa famille.
 
Virginie vit dans une famille de gloutons qui aiment beaucoup les desserts. «On se sent coupable de manger si bien devant ma mère. Alors on lui dit que ce n’est pas tellement bon, que c’est sec ou raté! Elle nous répond qu’on a le droit d’en profiter.»

Elle a aussi parlé de l’importance d’avoir de petites attentions pour les malades cœliaques. «La semaine passée, j’ai trouvé pour ma mère des biscuits faits à partir de farine de maïs avec comme seuls autres ingrédients du beurre et du sucre en poudre. J’étais tellement contente de lui avoir trouvé ça! J’arrive avec les biscuits à la maison. Ma mère me rappelle alors qu’elle ne peut manger de sucre en poudre. J’avais complètement oublié! On pleurait comme des bonnes. Je voulais tellement lui faire plaisir. Mais j’ai compris que c’était l’intention qui lui avait fait plaisir.»

Dans la partie la plus émouvante de son témoignage, Virginie a expliqué qu’après avoir trouvé que cette maladie compliquait sa vie et celle de sa famille, elle a compris que c’était au contraire une chance pour elle. Par exemple, c’est un beau cadeau de pouvoir manger en famille un repas qui ne rend pas sa mère malade. Faire la cuisine pour un cœliaque, c’est un bienfait; et de bons produits sans gluten, ça fait la différence. Toute la famille est embarquée dans cette quête. «Ce n’est pas parce que ma mère a une allergie que ça va empêcher quoi que ce soit. Au contraire, ça va nous permettre d’échanger plus, d’avoir plus de temps l’une pour l’autre.» Une phrase qui a beaucoup touché sa mère : «Je suis chanceuse d’avoir une fille comme elle!»
 
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